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Historique

 

Tous styles et toutes époques ...

Lorsqu'on se déguise, on ne change pas seulement de vêtement. On change aussi de personnalité pour habiter celle d'un prince, d'une reine, d'une lady, d'un dandy, d'une marquise, d'un lapin...

Et puis, on voyage, dans le temps, au fil des époques, ou dans l'espace, dans le contraste des cultures.

 



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Ariane Bugnon loue des costumes pour toutes les occasions et toutes les envies. Au Mont-sur-Lausanne, le magasin d'Ariane Bugnon, cache, derrière sa réception accueillante, une grande halle où les costumes, sur des mètres de vestiaires, sont pendus, les uns derrière les autres. Le Moyen-Age en tenue de gueux voisine avec la fantasque Belle Epoque; les costumes traditionnels vaudois sont suivis des tenues de l'Inde en leurs brocards. Voici les robes à crinoline et leur frou-frou romantique - qui font rêver les petites filles - juste en face d'habits militaires suisses dans la rigueur de leur couleur sombre. Un peu plus loin, sur une étagère, hauts-de-forme et casques militaires mêlent leur satin et leur cuivre, leurs pompons et leurs plumets rouges, au-dessus des fracs dont les queues-de-pie offrent au regard leur dessous soyeux. On y trouve aussi des tenues cléricales empreintes d'austérité, des habits de clowns bigarrés, des imitations de peaux de bêtes - gorille, tigre, et même fourmi - tandis que moult épées et armes médiévales attendent que des Robin des Bois, Guillaume Tell et autres preux les sortent de leur sommeil.


Un hasard séduisant

Ariane Bugnon est institutrice de formation. Autant dire qu'elle jouit d'une vaste culture et de connaissances approfondies en couture: "à l'époque, l'enseignement de la couture était très exigeant et nous avions une solide formation dans ce domaine", précise-t-elle.
Après quelques années d'enseignement, Ariane Bugnon se consacre à l'éducation de ses deux enfants. Une de ses amies exerçant dans le monde du costume, lui raconte son activité, lui explique les costumes sur lesquels elle travaille; c'est tout un univers qu'Ariane Bugnon découvre avec plaisir.
Or, il y a maintenant plus de deux ans, elle et son mari cherchaient une maison. Ils trouvent la maison et l'atelier de Mme Presser, costumière. C'est à ce moment que le hasard se fit séduisant, puisqu'il a permis à Ariane Bugnon de se lancer dans une aventure qu'elle n'aurait jamais supposer vivre auparavant. Aventure qu'elle partage d'ailleurs avec Monsieur Bugnon qui s'occupe, pour sa part, de la gestion et des achats. Compagnons de vie, complices dans le travail. "Avec mon mari, nous décidons ensemble. C'est aussi ensemble que nous choisissons les costumes et que nous faisons parfois les voyages pour aller en voir".


La succession de Mme Presset

Madame Presser était l'épouse de Gaston Presser, homme de spectacle et de télévision que l'on connaît bien. La dame a probablement fait du théâtre; elle a travaillé des années durant comme costumière, Rue de Bourg, puis Avenue de Morges à Lausanne. Enfin, elle a exercé son métier pendant vingt ans au Mont-sur-Lausanne. En achetant la maison et l'atelier, Ariane Bugnon et son mari ont hérité de Madame Presser non seulement de superbes costumes, mais également de patrons pour fabriquer des costumes. En outre, une couturière, qui était déjà employée là, est restée.
Aujourd'hui, Ariane Bugnon occupe une couturière
supplémentaire: "nous sommes trois ici; l'essentiel de notre travail consiste à effectuer des réfections et des retouches. Parfois, il nous arrive de fabriquer des costumes. Mais cela demande du temps".
Autrement, les costumes s'achètent. Le bouche-à-oreille est un vecteur d'information important. Quelquefois, c'est au cours d'un voyage qu'elle entend parler d'une vente: "nous venons d'acheter des costumes de l'Opéra de Marseille à une vente aux enchères. Nous en avons entendu parler et nous sommes allés là-bas".


Autant de costumes, autant de clients

La clientèle du magasin est très vaste: clients privés, communes, entreprises, compagnies théâtrales, écoles, commerçants, fêtes de village, etc. En réalité, les gens louent des costumes pour toutes sortes d'occasions. "C'est évident que nous ne louerons pas le même habit à un client s'il va à une soirée dans un château ou s'il participe à une fête entre amis dans une cabane. En général, les clients nous disent pourquoi ils viennent louer un costume. Certains arrivent visiblement contrariés d'avoir à se costumer. Mais, lorsqu'ils viennent rapporter l'habit, ils ont un sourire épanoui, avouant qu'ils ont passé finalement un agréable moment. De telles réactions m'enchantent" confie Ariane Bugnon.
Dans son métier, elle ne connaît pas de morte-saison; il y a de la demande toute l'année, avec un temps fort aux fêtes de fin d'année. "Nous fermons un mois en été en ne gardant qu'un jour d'ouverture par semaine. En général, ce jour-là, nous sommes débordés". Il faut avouer que Madame Bugnon met son point d'honneur à réserver un service soigné à sa clientèle: "nous accompagnons les clients dans les rayons, nous les aidons à choisir, les conseillons; nous pouvons apporter les modifications qu'ils souhaitent. Nous avons estimé que la location d'un costume à un client comporte environ 15 manipulations avant de le remettre à l'intéressé: aller dans le rayon, le sortir, le faire essayer, le retoucher éventuellement, etc."
Selon la valeur du costume et l'entretien qu'il requiert - certains habits réclament les soins d'une personne spécialisée dans le nettoyage - une location fluctue, en moyenne, de quarante à deux cents francs.


Une histoire d'amour

Ariane Bugnon parle avec passion de sa profession: "c'est un métier qui demande beaucoup d'originalité et qui comporte un côté artistique. Certains clients se montrent très exigeants; ils font parfois de véritables recherches. Pour d'autres, on peut s'amuser à dépareiller les costumes." A-t-elle parfois envie de garder certains costumes pour elle? Elle admet qu'il lui est parfois difficile de mettre des pièces en location. Elle s'y résout, précisant toutefois que certains costumes authentiques ne peuvent pas être loués en raison de leur fragilité - des dentelles début de siècle faites à la main, par exemple - ou de leur rareté.
En outre, elle a déjà participé à quelques expositions et réalisé un défilé pour le cinéma: "Les mannequins professionnels, dit-elle, savent évoluer avec ces costumes. Il est très agréable de les voir ainsi mis en valeur."
Ne doutons pas que sous les feux de la rampe, gent dames et nobles damoiseaux savent porter beau. Mais ils sont surtout servis en cela par le faste suranné de leurs atours.


LE PETIT COMMERCE DU COIN
Annie Admane octobre 1996

 


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